La force des planètes : Ṣaḍbala, iṣṭa et kaṣṭa, et les avasthās
Quelle est la force de vos planètes ? La force sextuple et son minimum, iṣṭa et kaṣṭa, et les états « d’âge » et « éveillé / rêveur » expliqués.
Pourquoi la force compte
Chaque lecture du site dit ce qu’une planète promet — un thème de carrière, un schéma relationnel. La force répond à la question suivante : quelle part de cette promesse la planète peut-elle réellement tenir ? Les textes classiques proposent plusieurs instruments de mesure. Ils ne mesurent pas la même chose : une planète peut être haute sur l’un et basse sur l’autre. Voici les trois que le site utilise : le Ṣaḍbala, iṣṭa et kaṣṭa, et les avasthās (états).
Le Ṣaḍbala : six sources de force
Ṣaḍbala signifie « force sextuple » (BPHS 27–28). Chacune des sept planètes visibles reçoit des points de six sources :
Les points se comptent en virūpas ; 60 virūpas font un rūpa. Le BPHS 28.32–33 fixe un minimum pour chaque planète : Soleil 6,5 rūpas, Lune 6, Mars 5, Mercure 7, Jupiter 6,5, Vénus 5,5, Saturne 5. Une planète qui atteint son minimum est dite forte.
Au-delà de ce oui ou non, le site gradue la part de résultats qu’une planète peut donner, d’après le rapport entre son total et son minimum : 1,25 ou plus, pleine ; 1 ou plus, trois quarts ; 0,75 ou plus, moitié ; en deçà, un quart. Ce barème est la transposition, par le site, des parts graduées du BPHS 48.3.
Iṣṭa et kaṣṭa : la part heureuse et la part difficile
Le BPHS 29 ajoute un second instrument, sur 60. Iṣṭa (« désiré ») est la moyenne de deux valeurs : la proximité de la planète avec son point d’exaltation et la force de son mouvement. Kaṣṭa (« pénible ») est le reste : 60 moins iṣṭa. Une planète à fort iṣṭa penche vers ses résultats heureux ; une planète à fort kaṣṭa vers ses résultats difficiles. Sur le site, les lectures favorables d’une planète sont pondérées par son iṣṭa, les lectures difficiles par son kaṣṭa.
Les avasthās : ce que veulent dire « enfant » ou « rêveuse »
Avasthā signifie « état ». Le BPHS 46.3–6 en décrit deux séries simples.
Les états d’âge (bālādi)
Chaque signe est coupé en cinq parts de 6°. Dans les signes impairs (Bélier, Gémeaux, Lion…), les parts se suivent dans l’ordre ; dans les signes pairs (Taureau, Cancer, Vierge…), à rebours. La part occupée donne l’« âge » de la planète et la part de ses résultats (BPHS 46.3–4) :
| État | Sens | Part des résultats |
|---|---|---|
| Bāla | enfant | un quart |
| Kumāra | jeune | la moitié |
| Yuva | adulte | pleine |
| Vṛddha | âgé | un peu |
| Mṛta | littéralement « mort » | aucune |
Ce dernier mot inquiète ; soyons donc clairs : mṛta signifie seulement que la planète ne donne pas de résultats selon cette mesure — c’est une étiquette de force, pas une prédiction sur la personne ni sur quiconque dans sa vie. Elle indique que la planète se trouve tout au bord de son signe, là où cet instrument-ci la lit comme épuisée. Le site ne laisse jamais un seul instrument faire taire une planète : sa pondération garde un plancher d’un quart même dans cet état, et le Ṣaḍbala raconte souvent une autre histoire.
Les états d’éveil (jāgradādi)
La seconde série regarde le signe occupé (BPHS 46.5–6) :
Relations naturelles et composées
« Ami » et « ennemi » existent en deux versions. La relation naturelle est fixée par le BPHS 3 : le Soleil tient la Lune, Mars et Jupiter pour amis, etc. La relation temporaire dépend de votre thème : deux planètes placées au 2e, 3e, 4e, 10e, 11e ou 12e l’une de l’autre sont amies temporaires, sinon ennemies temporaires. La somme des deux donne la relation composée : grand ami, ami, neutre, ennemi ou grand ennemi.
Le site utilise la relation naturelle (avec le signe propre, le mūlatrikoṇa et l’exaltation) pour les états éveillée / rêveuse / endormie, et la relation composée pour les points des thèmes divisionnaires du Ṣaḍbala et du Viṁśopaka. Prenons le Soleil du thème d’exemple : il est en Sagittaire, gouverné par Jupiter, ami naturel — le Soleil est donc « rêveur ». Mais Jupiter est au 8e à partir du Soleil, ennemi temporaire : la relation composée n’est que neutre.
Un exemple commenté
Voici le thème d’exemple du site (25 décembre 1990, 3 h 20, Paris) :
| Planète | Ṣaḍbala (rūpas) | Minimum | Rapport | Iṣṭa / kaṣṭa | État d’âge | Éveil |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Soleil | 5,80 | 6,5 | 0,89 | 10,4 / 49,6 | kumāra | rêveur |
| Lune | 8,35 | 6,0 | 1,39 | 35,9 / 24,1 | vṛddha | rêveuse |
| Mars | 6,48 | 5,0 | 1,30 | 39,0 / 21,0 | mṛta | rêveur |
| Mercure | 7,62 | 7,0 | 1,09 | 46,0 / 14,0 | kumāra | rêveur |
| Jupiter | 8,79 | 6,5 | 1,35 | 52,1 / 7,9 | kumāra | éveillé |
| Vénus | 5,88 | 5,5 | 1,07 | 18,3 / 41,7 | vṛddha | rêveuse |
| Saturne | 7,55 | 5,0 | 1,51 | 22,1 / 37,9 | mṛta | éveillé |
Trois points ressortent :
Dans votre propre thème
Chaque carte de planète de votre rapport montre son Ṣaḍbala face à son minimum, sa part graduée, iṣṭa et kaṣṭa, et ses deux avasthās en mots simples. Calculer votre thème.